Ethereum та Base відмовляються від спільного стандарту для криптогаманців

Fin de partie pour le standard unique. Après des mois de discussions, les développeurs d’Ethereum et les ingénieurs de Base ont renoncé à faire converger leurs travaux sur le format des transactions des futurs portefeuilles programmables. Le réseau principal avance avec l’EIP-8141, le rollup adossé à Coinbase pousse l’EIP-8130.

La conséquence est immédiate pour les équipes techniques : un wallet ou une application déployée sur les deux réseaux devra gérer deux formats de transaction distincts, avec la maintenance et les risques que cela suppose.

Points clés

  • Ethereum et Base ont mis fin aux discussions sur un format commun de transactions pour les portefeuilles programmables
  • Le réseau principal retient l’EIP-8141, le rollup de Coinbase déploiera l’EIP-8130 sur son propre calendrier
  • Wallets, indexeurs et outils d’audit devront maintenir deux chemins de code, avec un risque d’adresses différentes selon la chaîne
  • Le standard ERC-5792 permet déjà aux applications de rester agnostiques face à cette divergence

Ethereum et Base : Deux EIP concurrentes pour un même objectif

Les deux propositions visent la même cible, l’abstraction de compte native. Derrière le terme se cache une idée simple. Un compte Ethereum classique, appelé EOA (externally owned account, un compte piloté par une clé privée), ne sait faire qu’une chose : signer une transaction et payer ses frais en ether.

L’abstraction de compte inscrit dans le protocole la logique d’un portefeuille programmable, capable de régler le gas dans un autre jeton, d’enchaîner plusieurs opérations sous une seule signature, de s’authentifier par passkey ou de confier une clé de session temporaire à une application.

Le chantier traîne depuis des années. L’ERC-4337, déployé en 2023, a apporté ces fonctions sans toucher au protocole, au prix d’une infrastructure parallèle de bundlers et d’un surcoût en gas. L’EIP-7702, livré avec la mise à jour Pectra, a ensuite permis à un compte classique de déléguer son exécution à du code de contrat intelligent. La version native va plus loin : elle crée un type de transaction validé directement par les clients du réseau, sans béquille externe.

Le désaccord porte sur l’architecture de ce nouveau type de transaction et sur l’ordre des étapes de validation. Les core devs, les développeurs du protocole Ethereum, ont arrêté leur choix sur l’EIP-8141 pour une future mise à jour de la couche 1. Base défend l’EIP-8130 et n’a aucune raison d’attendre : le rollup contrôle son séquenceur et son logiciel de nœud, ce qui lui laisse la main sur son propre calendrier de déploiement.

Les wallets crypto en première ligne

La facture retombe d’abord sur les éditeurs de portefeuilles. MetaMask, Rabby, Safe ou Coinbase Wallet devront maintenir deux chemins de code, tester deux schémas de signature et documenter deux comportements pour un même utilisateur. Les indexeurs, les explorateurs de blocs, les services de simulation de transaction et les outils d’audit de sécurité devront apprendre à lire les deux formats.

Un détail moins visible inquiète davantage les développeurs. L’adresse d’un compte intelligent découle des paramètres de son déploiement. Deux formats de transaction impliquent potentiellement deux contrats de compte différents, donc deux adresses distinctes pour le même utilisateur selon qu’il se trouve sur le réseau principal ou sur Base. La promesse d’une identité unique d’une chaîne à l’autre s’en trouve fragilisée.

D’ailleurs, Base ne se contourne pas facilement. Le rollup de Coinbase domine les réseaux de couche 2 en volume de transactions quotidiennes et concentre plusieurs milliards de dollars de valeur déposée dans ses protocoles. Aucune équipe sérieuse ne peut décider de l’ignorer au motif de simplifier sa base de code.

Coinbase trace la route de son rollup

Et Coinbase maîtrise toute la chaîne. L’exchange édite Base, son portefeuille intelligent Base Account, sa brique de paiement Base Pay et son application grand public. Un format divergent lui coûte donc beaucoup moins cher qu’à un éditeur indépendant, puisqu’il livre lui-même le wallet chargé de le comprendre. Pour les autres, la charge s’ajoute à une liste déjà longue de particularités propres à chaque rollup.

La fragmentation des couches 2 mobilise les développeurs d’Ethereum depuis deux ans. L’Ethereum Foundation finance une couche d’interopérabilité et des standards d’intentions partagés pour que le passage d’un rollup à l’autre devienne invisible côté utilisateur. Le format des transactions de compte échappe pour l’instant à cette harmonisation.

Un garde-fou existe déjà. L’ERC-5792, ou Wallet Call API, permet à une application d’envoyer un lot d’opérations au portefeuille sans rien connaître de la mécanique d’exécution retenue derrière. Coinbase Wallet et MetaMask le prennent en charge. Dans la majorité des cas, les développeurs d’applications pourront donc rester agnostiques et laisser les éditeurs de wallets absorber l’écart entre l’EIP-8141 et l’EIP-8130.

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